POURQUOI LES FRANCAIS S’ESTIMENT-ILS LES PERDANTS DE LA MONDIALISATION ?

C’est un fait,  au fil des sondages, une majorité de Français se rangent parmi les victimes plutôt que parmi les gagnants de la mondialisation. Ce sentiment de menace sur l’emploi, sur les conditions de travail et de vie, sur les salaires ne fait qu’alimenter un peu plus la défiance de l’opinion dans notre pays vis à vis de l’économie de marché et la libre entreprise et l’angoisse du décrochage et du déclin. Pour autant, plus de la moitié des Français de 18 à 24 ans estiment que la mondialisation est une bonne chose en tant que consommateurs, en leur donnant accès à des biens plus variés et moins chers,  contre 55% des 50-64 ans à penser le contraire.

En trente ans, le salaire médian des Français a doublé. Et pourtant, ils ne s’estiment pas plus heureux aujourd’hui qu’il y a trente ans.

Les français sont moroses, pourtant la France affiche l’une des démographies les plus dynamiques en Europe laissant penser qu’ils ont confiance en l’avenir.

Autant de paradoxes qui méritent qu’on examine les causes profondes de ce pessimisme français, de cette exception parmi les grands pays développés, mais aussi les pays émergents,  qui voit aujourd’hui 43% des habitants notre pays considérer l’économie de marché comme une menace et vouloir lui substituer un autre système économique. Sans dire lequel.

QUESTIONS OUVERTES :

  • Le modèle français fait-il encore envie ?
  • Quelles sont les raisons profondes du pessimisme des Français ? Le système éducatif ? Inégalités de revenus ? Espérance de vie ? Une défiance généralisée entre les individus.
  • L’Etat a-t-il miné la confiance à force de « sur réglementer » ?
  • La rigidité du marché du travail, la segmentation et l’absence de perspectives individuelles de progression sont elle des facteurs déterminants ?
  • Capital/Travail : comment rebattre les cartes ?
  • Est ce que la primauté de l’actionnaire dans l’entreprise maximise la valeur sociale ?
  • Tout capitalisme n’est il pas, par construction, porteur de crise car le fer de lance est le risque et l’innovation.
  • Y a t il un modèle universel de l’économie de marché ? Quelles sont les alternatives à l’économie de marché ?

QUELQUES REFERENCES :

  • Xavier Lacoste : directeur général d’Altedia.
  • Michel Lallement : sociologue du travail (Cnam et CNRS)
  • Pierre Cahuc et Yann Algan
  • Denis Muzet (président de Médiascopie) : enquête sur les mots de la crise
  • Paul Krugman « The Big Zero », Prix nobel d’économie
  • Enquête « European Social Survey » de 2006 : sur 32 pays : le bonheur moyen des français est largement inférieur à celui des pays nordiques, Irlande, Espagne.
  • Selon Insee de fin 2007 :  deux français sur trois s’estiment mal informés. Trois sur quatre trouvent l’information économique peu accessible. Quatre sur cinq son vocabulaire abscons.
  • Les Français ont vu depuis vingt ans,  leur revenu et leur capital augmenter de respectivement 5, 5% et 3, 3%  en moyenne par an.  Les inégalités se sont réduites entre 1996 et 2007 entre les 10% de ménages les plus riches et les 10% les plus pauvres. En dix ans le nombre d’emplois a progressé de près de un million, le PIB a progressé de 11, 4%. Le pouvoir d’achat des salariés s’est amélioré chaque année : 22, 4% en dix ans.
  • Selon Harris Interactive pour RTL (janvier 2010) les Français se disent à 60% optimistes pour 2010. Mais le taux d’épargne n’a jamais été aussi important à 17% des revenus (du jamais vu depuis 1983).