Public-privé : balles neuves

A la faveur de la crise, l’Etat est revenu dans le jeu de l’économie de marché. Mobilisé pour sauver le système bancaire de la faillite et soutenir des pans entiers de l’industrie, cet Etat pense avoir tout pouvoir pour se réengager durablement.

La crise n’a-t-elle pas bon dos pour justifier le retour d’un plus d’Etat à défaut d’un mieux d’Etat ? Quelle est la place légitime de cet Etat ? Au nom de quoi peut-on justifier le retour d’un Etat planificateur, actionnaire et stratège ?

S’il fallait trouver des vertus à la crise, c’est notamment celles de donner une formidable occasion de réinventer le rôle de la puissance publique, notamment dans le domaine de la régulation afin d’obtenir un mieux d’Etat favorable à la croissance et favorisant les mutations  (industrielles, financières, sociales).

Seul problème : rien n’indique que ce «nouvel Etat» dispose des moyens adaptés pour jouer ce rôle d’arbitre de manière efficace. Faute d’une adéquation de ses personnels aux nouvelles tâches.  ?S’il faut choisir, quelle sont les missions régaliennes à conserver et/ou à développer ? Où fixer le curseur de la régulation ? Si le marché n’est pas capable de s’autoréguler, il convient certes d’inventer de nouveaux garde fous.

Mais comment ne pas finir par entraver le libre jeu. Quels compromis peut-on accepter ?

L’innovation est-elle compatible avec l’Etat ?

QUESTIONS OUVERTES :

  • Le cas emblématique de l’autonomie budgétaire des universités
  • La défaillance du marché a-t-il rendu nécessaire la mise en place de contre feux en permanence pour soutenir l’économie ?
  • Quels domaines d’intervention de long terme l’Etat est il légitime de réinvestir ?
  • Comment l’Etat peut il sortir de ses paradoxes ? Entre se désengager du système de la santé en déléguant à des opérateurs autonomes et en reprenant brutalement les choses en main ? L’exemple de la grippe A.
  • L’Etat n’a-t-il pas d’abord besoin d’un bon DRH ? Pourquoi l’Etat est il si peu capable d’analyser ses besoins et de programmer ses moyens ?

QUELQUES REFERENCES :

  • Thierry Volton (« Brève psychanalyse de la France ») La France reste malade de son Etat
  • Nicolas Tenzer, (Cerap (France, la réforme impossible, Quand la France disparaît du monde)
  • Bilan de trente ans. L’emploi public (Etat, coll loc et établissements publics) a augmenté de 36% depuis 1980, deux fois plus vite que la population et que l’emploi total.
  • Rapport de la Cour des comptes de décembre 2009 sur la gestion de ses effectifs par l’Etat : conclusion, ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux favorise les administrations pléthoriques et sous productives.